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ALEXANDRIE

ALEXANDRIA

Alexandrie (grec :Ἀλεξάνδρεια, Copte : Rakotə, Arabe : الإسكندرية, Al-ʼIskandariya) est une ville d’Égypte de près de quatre millions d'habitants[1], fondée par Alexandre le Grand en -331. Elle devint dans l’Antiquité le premier port d’Égypte et la capitale du pays. Elle sera à son époque l’un des plus grands foyers culturels de la Méditerranée, sa fameuse Bibliothèque étant sans conteste l’un des principaux fondements de sa notoriété.

La ville d’Alexandrie est située à l'ouest du delta du Nil, entre le lac Maréotis et l’île de Pharos. Elle est rattachée à cette île par l’Heptastade, qui est une sorte de digue servant aussi d’aqueduc et qui a permis non seulement l’extension de la ville mais aussi la création de deux ports maritimes.

Plutarque, dans sa Vie d’Alexandre, raconte comment une nuit en -331, alors qu'Alexandre le Grand projette de construire sa ville d'Égypte, il rêve d’Homère qui lui parle de l’île de Pharos. Au réveil, il part voir cette île et commence à tracer les contours de la cité sur la côte qui lui faisait face.Il existe plusieurs hypothèses la concernant. La ville d’Alexandrie aurait été construite sur l’ancienne cité de Rakhotis mais on a peu de documents à son sujet. Il existe trois hypothèses au sujet de Rakhotis :

  1. Pour certains, Rakhotis était un simple village de pêcheurs ;
  2. Pour d'autres, le terme rakhotis pourrait être traduit par « le bâtiment » qui se rapporterait aux premiers édifices dignes de ce nom construits par les Grecs, près ou à la place de ce même village de pêcheurs ou d’un poste de garde ;
  3. D'autres pensent même que rakhotis signifierait « le chantier » et ne serait pas une ville mais le nom donné par les Égyptiens à la ville d’Alexandrie au moment de sa construction. En effet, une grande partie d’Alexandrie a été construite d’un bloc et a du avoir longtemps l’apparence d’un chantier.

Ce qu’on sait sur cette zone avant Alexandrie est cité par quelques auteurs grecs et romains qui font mention des populations établies sur les marécages entourant la région. Héliodore nous dit que les Égyptiens l’appelaient « le pays des bergers ». La région avait mauvaise réputation : « C’est là que tous les brigands d’Égypte ont leur cité ». La zone apparaît d’ailleurs dans de nombreuses légendes grecques.Elle ne fut pas la seule ville Alexandrie construite par le Macédonien, en effet, on en a dénombré trente-deux. Celle-ci était connue sous le nom d'Alexandrea ad Aegyptum (« Alexandrie d'Égypte ») et est devenue aujourd'hui Iskanderia. Avant elle, une autre ville du delta avait été occupée par les Grecs mais elle leur avait été offerte par Amasis, il s'agit de Naucratis, un emporion ou "port de commerce". Elle se situe à environ 70 km à l'intérieur des terres et elle n’a eu que peu d’importance en dehors de son rôle commercial. Alexandre le Grand voulu construire Alexandrie sur la côte, malgré la mauvaise qualité du terrain (Lac Maréotis) dans cette zone et la côte particulièrement dangereuse à cet endroit du delta. Le tombeau du conquérant devrait s'y trouver.Lors de son passage en Égypte en -332/-331, Alexandre le Grand charge Dinocratès, un architecte grec, d’élever en ce lieu une ville qui soit conçue sur un plan orthogonal, ou en damier, avec de larges avenues se coupant à angles droits. Dans son tracé, la nouvelle cité englobe le vieux village égyptien de Rhakotis qui constitue alors un quartier indigène. La ville ne commence à prendre de l’importance que lorsque Ptolémée, fils de Lagos, fondateur de la dynastie des Lagides, s’y installe et en fait la capitale de l’Égypte qu’il avait reçue en partage après la mort d’Alexandre en -323.Dès la première moitié du IIIe siècle avant notre ère, sous les deux premiers Ptolémées, elle se couvre de magnifiques monuments et prend l’aspect qu’elle va conserver jusqu’à la fin de l’Antiquité, avec ses jardins et ses monuments de conception grecque : palais royal sur la mer, Musée et Bibliothèque, Sôa (ou Séma,tombeau d’Alexandre le Grand), Sérapéum (temple consacré au dieu gréco-égyptien Sérapis), temple d’Isis, marchés, théâtre et surtout le célèbre phare, tour élevée par Sostrate de Cnide sur l’île de Pharos, qui a donné son nom à ce type de monument.Pendant près d’un millénaire, jusqu’à la conquête arabe en 641, Alexandrie demeure la capitale intellectuelle et spirituelle d’une partie du monde méditerranéen, après avoir été, pendant les trois derniers siècles avant notre ère, la capitale politique de l’Égypte hellénisée.À partir de la fondation d’Alexandrie et de l’occupation grecque, l’Égypte va devenir une province de l’hellénisme, et son administration, même si elle conserve certains aspects de l’ancienne administration pharaonique, est fortement influencée par les conceptions grecques. La langue officielle devient le grec, même si l’ancien égyptien, sous sa forme démotique, est encore parlé dans les milieux ruraux et si les prêtres conservent les antiques conceptions religieuses et couvrent toujours les temples de hiéroglyphes, de plus en plus chargés et enrichis de signes nouveaux. Même les temples, construits selon les modèles traditionnels, subissent des modifications de détail. C’est à cette époque qu’apparaissent les mammisi comme monuments indépendants, que les chapiteaux de colonnes se multiplient à l’infini dans leurs décors et s’alourdissent, que des murets sont construits dans les entre-colonnements.

Domination romaine

En -47, les troupes de Jules César incendient la flotte d'Alexandrie ; le feu se propage aux entrepôts et selon différentes interprétations celui-ci détruit une partie de la grande bibliothèque ou l'épargne. Octave Auguste met fin, après la bataille navale d'Actium en -30, non seulement aux guerres civiles romaines (liquidation de Marc Antoine), mais aussi à l'indépendance égyptienne (jusqu'au XIXe siècle). La province est gouvernée par un préfet. Après les premiers temps de l'annexion, la ville semble avoir regagné de la prospérité du fait de la domination directe par le pouvoir impérial car le blé d'Égypte est essentiel pour les distributions à la plèbe romaine. C'est un important port militaire. En 21, Caracalla visite la cité, et suite à des satires, commande à ses troupes de tuer tous les hommes en âge de porter une arme. Cet ordre ne sera pas exécuté ; il aurait été matériellement difficile pour sa garde, certainement moins de 5000 hommes, d'éliminer environ 200 000 adultes physiquement capables de se défendre.Se place alors une énigme : en 215, l'empereur romain Caracalla, comme beaucoup de gens, visite le tombeau d'Alexandre, l'un des principaux monuments de la cité ; il essaye même sa cuirasse ! Mais en l'an 300, un auteur déclare que plus personne ne sait où est le tombeau d'Alexandre ! Comment une ville de 500 000 habitants, grand centre culturel, a-t-elle pu ainsi oublier en deux générations où se trouvait son plus célèbre monument ? Il ne semble pourtant pas que de très grands événements aient eu lieu à Alexandrie dans cette période (mais le IIIe siècle est mal connu). Le mystère reste entier, archéologues et historiens cherchent toujours aujourd'hui !En ce même IIIe siècle, l'ancienne écriture hiéroglyphique cesse d'être enseignée et comprise. L'usage de la momification disparaît également. Le christianisme semble donc avoir complètement effacé la mémoire égyptienne [réf. nécessaire].À la division de l'Empire romain, la ville fait partie de l'Empire byzantin. Alexandrie reste le centre administratif de la province. Le blé d'Égypte va alors à Constantinople et Rome devra s'approvisionner en Afrique du Nord (Carthage).Avec la christianisation de l'Égypte, Alexandrie devient un centre culturel et religieux important. Arius, prêtre d'Alexandrie et formulateur de l'Arianisme, et Athanase d'Alexandrie, proche du pouvoir de Constantin Ier, s'opposent sur la nature du Christ. De plus en plus, au cours du IIIe siècle, la ville se rapproche du reste de l'Égypte et peu à peu, décline en population et en splendeur. Dans toute la province les impôts sont écrasants et bien des contribuables abandonnent leurs biens et se font ermites dans le désert ou entrent dans des monastères pour échapper au percepteur.Au IVe siècle, les persécutions des païens atteignent un nouveau niveau d'intensité. Temples et statues sont détruits dans tout l'Empire, les rites paiens sont interdits et punissables de mort, les bibliothèques sont fermées. En 391, Théodose Ier donne l'ordre de détruire tous les temples. Le patriarche Théophile d'Alexandrie s'attèle à cette tache dans la ville. La grande Bibliothèque et le Sérapéum ont été détruits à cette époque. La mathématicienne et philosophe néoplatonicienne Hypatie a aussi été victime des persécutions.Les quartiers Brucheum et juif sont détruits au Ve siècle et leurs monuments centraux, le sépum et le Museion tombe en ruine. La vie s'organise alors autour du Sérapéum et du Césaréum transformés en église. Les quartiers du Pharos et de l'Heptastade regagnent de la population et restent intacts.

La conquête arabe

Alexandrie est conquise par les Perses en 616 par Khosro II, roi de Perse. La ville est récupérée par l'empire vers 630. En 640, le général arabe 'Amr ibn al-'As entreprend un siège d'une quarantaine de mois. La cité n'obtient aucune aide de Constantinople, l'empereur Heraclius meurt et le nouvel empereur Constantin III qui ne règnera que quatre mois, laissent le pouvoir à son fils de onze ans. En 646, Alexandrie, évacuée par les Grecs, est livrée par le patriarche Cyrus aux troupes de ‘Amr. Les Grecs qui partent d’Égypte étant surtout des commerçants, le régime de la propriété du sol n’est pas modifié, et les Arabes reçoivent une solde surtout en nature. Ils assurent une garde par rotation à Alexandrie face à la mer et à Khirbeta face au désert. 'Amr écrit au Calife Omar ibn al-Khattab qu'il a pris une cité contenant :

  • 4 000 palais,
  • 4 000 bains publics,
  • 12 000 vendeurs d'huile fraîche,
  • 12 000 jardiniers,
  • 40 000 juifs qui paient tribut,
  • 400 théâtres ou lieu de divertissement.

Avec les Arabes disparaît pratiquement l'ancienne langue égyptienne

La période médiévale

La période médiévale de la ville d'Alexandrie reste, jusqu'à ce jour, peu étudiée. La ville, décrite par les auteurs contemporains arabes, fut investie par les forces de la Ve Croisade, le grand Maïmonide y fit une apparition avant de se rendre au Caire et Saladin y fonda un waqf, une fondation de main morte, au XIIe siècle. Le document de fondation, l'un des plus anciens de son genre, fut retrouvé il y a peu de temps dans des archives de la ville qui se trouvent aujourd'hui au Caire

L’amphithéâtre de Kom-el-Dick C’est un petit amphithéâtre romain, unique dans le pays. Le site est toujours en fouilles depuis 30 ans avec la découverte de restes romains comprenant ce théâtre avec des galeries, des sections de plancher en mosaïque, et des sièges de marbre pour accueillir jusqu'à 800 spectateurs. Au temps des Ptolémées, ce secteur était un jardin de plaisirs. Le théâtre peut avoir été couvert pour servir d'Odéon aux œuvres musicales. Les inscriptions suggèrent qu'il a également été parfois employé pour des concours de lutte. Le théâtre comporte treize rangées semi-circulaires de marbre blanc qui a été importé d'Europe. Ses colonnes sont de marbre vert importé d'Asie mineure, et de granit rouge importé d'Assouan. Chaque côté est décoré d’un pavage géométrique de mosaïque.

Hors du théâtre, on peut voir des voûtes et des murs en pierre, les bains romains en briques et les restes de maisons romaines.

C'est dans l'enceinte de ce site qu'est installé le tout nouveau musée sous-marin en plein air pour exposer les pièces antiques – des sphinx, des obélisques, des colonnes papyriformes et des fragments de statues colossales - sorties des eaux de la Méditerranée par l'équipe du Centre d'études Alexandrines.

Le musée national d'Alexandrie Installé dans l'ancien consulat américain, il permet d'observer de nombreux objets issus de différentes époques de l'Égypte, pharaonique, chrétienne, musulmane...

L'ancien blockaus du sous-sol est consacré à des antiquités de l'époque pharaonique

La Bibliotheca AlexandrinaLa célèbre bibliothèque d'Alexandrie fut construite à l'époque ptolémaïque et fut réputée pour la richesse et le grand nombre d'ouvrages qu'elle renfermait (estimée à 700 000 volumes). Les causes de sa destruction restent encore obscures et font débat. Rappelons que c'est à la suite d'un immense incendie que le feu avait ravagé les 700 000 volumes.

Dans le cadre d’un projet conduit conjointement entre l'Unesco et l'Égypte, la bibliothèque du monde méditerranéen (Bibliotheca Alexandrina) a été construite sur les ruines de l’ancien édifice antique. Elle devrait pouvoir accueillir environ 5 000 000 de volumes.

L'architecture de la Bibliothèque avait été minutieusement choisie suite à un concours qui avait été organisé par l'Unesco ; c'est la proposition d'un bureau d'architecture norvégien qui avait été retenue. Le plan a été réalisé par l'ingénieur égyptien Mamdouh Hamza.

À côté de la salle de lecture se trouve trois musées, cinq instituts de recherches ainsi que des salles d'expositions.

À l'intérieur de la Bibliothèque, les salles de lecture sont sur sept niveaux dont quatre sous le niveau de la mer. De hautes colonnes ornées de fleurs de lotus décorent l'intérieur des salles de lecture qui peuvent recevoir jusqu'à 2 000 personnes.

Un musée est réservé à des milliers d'anciens manuscrits, dont deux copies de la Bible offertes par le Vatican à la Bibliothèque ainsi qu'une copie du livre de la Description de l'Égypte. Il possède une copie identique de la pierre de Rosette et un livre du mémorandum de l'inauguration du Canal de Suez comprenant des tableaux de la cérémonie du voyage des reines et des princes, dessinés par l'artiste du Khédive Ismaïl.

Le fort Qaït BayL'île de Pharos séparait deux ports énormes. Situé à l’entrée nord du port de l’Est, le fort a été construit dans les années 1480 par le Sultan Qaït Bey, sur l’emplacement du Phare d'Alexandrie. Une des sept merveilles du monde antique, le phare avait 135 mètres de haut avec approximativement trois cents salles. Par le centre était une double montée en spirale. La lanterne au dessus du phare reste un mystère. Certains indiquent qu'il contenait un miroir en acier poli qui réfléchissait la lumière le jour, et le feu la nuit. D'autres indiquent qu'elle a été faite de verre transparent. Le phare a été détruit par un tremblement de terre autour de 1100. À son emplacement une mosquée a été construite, qui a été endommagée par un tremblement de terre au XIVe siècle. Construit dans un style médiéval, le fort a été entièrement restauré en 2001/2002 ; il abrite le Musée de la Marine qui contient des objets des batailles navales romaines et de Napoléon.

L'entrée se fait par un passage en granit rouge d'Assouan. Près de la mosquée, il y a un réservoir qui a été utilisé pour stocker l'eau en cas de siège. Adjacent au fort, l’Institut hydro-biologique contient une grande variété de poissons rares. Plus à l’est du quartier d’Anfouchi, il y a une petite nécropole de cinq tombes datant de l’époque Ptolémaïque.

ÉratosthèneÉratosthène (en grec ancien Ερατοσθένης / Eratosthénês) était un astronome, géographe, philosophe et mathématicien grec du IIIe siècle av. J.-C. (Cyrène, aujourd'hui Shahhat, Libye, v. 276 – Alexandrie, Égypte, v. 194 av. J.-C.). Il fut l'élève d'Ariston de Chio. Ératosthène fut nommé à la tête de la bibliothèque d'Alexandrie vers -240 à la demande de Ptolémée III, pharaon d'Égypte, et fut précepteur de son fils. Astronome passionné, on dit que, devenu aveugle, il se laissa mourir de faim, ne pouvant plus admirer les étoiles (Dictionnaire Bouillet).

L'astéroïde (3251) Ératosthène a été nommé en son honneur.

EuclideEuclide, en grec ancien Εὐκλείδης Eukleidês (né vers -325, mort vers -265 à Alexandrie) était un mathématicien de la Grèce antique, auteur des Éléments, qui sont considérés comme l'un des textes fondateurs des mathématiques modernes

Claudius Ptolemaeus (en grec : Κλαύδιος Πτολεμαῖος), communément appelé Ptolémée (Ptolémaïs de Thébaïde (Haute-Égypte) vers 90 - Canope vers 168) était un astronome et astrologue grec qui vécut à Alexandrie (aujourd’hui en Égypte). Il est également l’un des précurseurs de la géographie.

Ptolémée fut l’auteur de plusieurs traités scientifiques, dont deux ont exercé par la suite une très grande influence sur les sciences islamique et européenne. L’un est le traité d’astronomie, qui est aujourd’hui connu sous le nom de l’Almageste (en grec, Η μεγάλη Σύνταξις, Le grand traité). L’autre est la Géographie, qui est une discussion approfondie sur les connaissances géographiques du monde gréco-romain